Installer deux abris de jardin de 5m² sans autorisation est illégal. En droit de l’urbanisme, la règle est sans équivoque : les surfaces de constructions nouvelles sur une même propriété se cumulent. Votre projet n’est donc pas de 2 x 5m², mais bien d’une surface unique de 10m², ce qui déclenche obligatoirement une déclaration préalable de travaux et l’assujettissement à la taxe d’aménagement. Tenter de contourner cette règle en espaçant les constructions dans le temps ou sur le terrain est considéré comme une fraude à la loi. Cet article détaille le cadre légal pour vous permettre de réaliser votre projet en toute sérénité et vous prémunir contre toute sanction.
Les infos à retenir (si vous n’avez pas le temps de tout lire)
- Règle du cumul : L’administration considère deux abris de 5m² comme un projet unique de 10m². Les surfaces s’additionnent systématiquement.
- Déclaration Obligatoire : Toute création de surface de plancher ou d’emprise au sol supérieure à 5m² impose une Déclaration Préalable de Travaux à déposer en mairie.
- Taxe d’aménagement : Elle est due pour toute surface taxable dépassant 5m². Dans ce cas, elle sera calculée sur la base des 10m² de votre projet.
- Consultez le PLU : Le Plan Local d’Urbanisme de votre commune est le seul document de référence et peut imposer des contraintes supplémentaires (distance, hauteur, aspect).
- Sanctions réelles : Tenter de contourner la loi vous expose à des amendes importantes et un possible ordre de démolition de la part d’un juge.

La règle du cumul des surfaces : pourquoi 2 x 5m² = 10m² pour l’administration
L’idée de construire deux petits abris de jardin de 5m² pour échapper à toute formalité administrative est une fausse bonne idée très répandue. Le Code de l’urbanisme est formel : il ne raisonne pas en nombre de constructions, mais en surface de plancher et en emprise au sol créées sur une même unité foncière (votre terrain).
Pour l’administration, deux abris de jardin installés sur la même parcelle constituent un projet de construction unique. Peu importe que vous les construisiez en même temps ou à plusieurs mois d’intervalle, ou qu’ils soient situés à des endroits opposés de votre jardin. La division artificielle d’un projet de 10m² en deux projets de 5m² est une manœuvre inopérante aux yeux de la loi.
Cette tentative de contournement porte un nom juridique : la fraude à la loi. Le fait de fractionner intentionnellement une construction pour échapper à une autorisation d’urbanisme est illégal. Si les services de votre mairie le constatent, ils requalifieront votre projet pour ce qu’il est réellement : une construction unique de 10m², soumise à autorisation.
Il faut donc abandonner définitivement les mythes : ni l’espacement géographique, ni l’espacement temporel ne changent la nature du projet. La seule surface qui compte est la surface totale, et c’est elle qui détermine l’obligation de déclaration.
Déclaration Préalable de Travaux (DP) : Le passage obligé pour votre projet
Puisque votre projet de deux abris de jardin totalise 10m² de surface, il franchit le seuil des 5m² au-delà duquel une autorisation d’urbanisme est obligatoire. Selon l’article R*421-9 du Code de l’urbanisme, toute construction neuve créant entre 5m² et 20m² de surface de plancher ou d’emprise au sol est soumise à une Déclaration Préalable de Travaux (DP). Il ne s’agit pas d’une simple information, mais d’une véritable demande d’autorisation.
La procédure est standardisée et doit être suivie rigoureusement :
- Calculer la surface totale : Vous devez déclarer la surface cumulée de vos deux abris, soit 10m². Précisez bien qu’il s’agit de deux constructions distinctes dans votre dossier.
- Remplir le formulaire : Vous devez compléter le formulaire Cerfa n° 13703, disponible en ligne ou auprès de votre mairie. Soyez précis dans les informations fournies.
- Constituer le dossier : Le Cerfa doit être accompagné de plusieurs pièces obligatoires : un plan de situation du terrain, un plan de masse des constructions à édifier, un plan en coupe, et une représentation de l’aspect extérieur des abris.
- Déposer le dossier : Le dossier complet doit être déposé en main propre ou envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception au service d’urbanisme de votre mairie.
Le délai d’instruction est généralement d’un mois à compter de la date de dépôt d’un dossier complet. Si vous ne recevez aucune opposition de la part de la mairie dans ce délai, vous bénéficiez d’une autorisation tacite. Attention, ce délai peut être prolongé si votre terrain se situe en secteur protégé (abords d’un monument historique, site classé, etc.).
Taxe d’aménagement : L’impact fiscal inévitable du cumul
Qui dit autorisation d’urbanisme dit souvent fiscalité. La taxe d’aménagement est due pour toute opération de construction soumise à une autorisation (déclaration préalable ou permis de construire) et créant plus de 5m² de surface taxable. L’exonération pour les petites surfaces ne s’applique donc pas à votre projet.
Dans le cas de vos deux abris de 5m², la base de calcul de cette taxe sera bien la surface totale de 10m². L’administration fiscale ne fait aucune distinction et se base sur les informations transmises dans votre déclaration préalable. Le cumul des surfaces vous rend redevable de la taxe sur la totalité du projet.
Le mécanisme de calcul est simple : la surface taxable (10m²) est multipliée par une valeur forfaitaire au mètre carré (révisée chaque année), puis par les taux votés par votre commune et votre département. Sans entrer dans des simulations chiffrées qui varient localement, retenez que l’impôt sera calculé sur 10m², et non sur deux fois 5m² qui seraient exonérés.
Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) : Le seul document qui a le dernier mot
Même si le Code de l’urbanisme national vous autorise à construire 10m² avec une simple déclaration préalable, ce n’est pas la fin de l’histoire. Le document juridique qui a la primauté sur votre terrain est le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou tout autre document d’urbanisme en tenant lieu (carte communale, etc.), qui encadre notamment les dimensions standards pour un garage. Il est impératif de le consulter avant même d’acheter vos abris.
Le PLU peut être, et est souvent, plus restrictif que la réglementation nationale. Il peut imposer des règles spécifiques qui impacteront directement la faisabilité de votre projet de deux abris de jardin. Voici les points à vérifier en priorité :
- Distances d’implantation : Le PLU fixe des distances minimales à respecter par rapport aux limites de votre propriété (voisins) et à la voie publique.
- Emprise au sol maximale : Votre commune peut limiter le pourcentage de votre terrain qui peut être couvert par des constructions (Coefficient d’Occupation des Sols ou COS). Vos 10m² supplémentaires doivent respecter ce seuil.
- Nombre de constructions annexes : Certaines communes limitent le nombre de bâtiments annexes (garage, abri, pool house) autorisés sur une même parcelle.
- Aspect architectural : Le PLU peut imposer des contraintes sur les matériaux (bois uniquement, par exemple), les couleurs, ou le type de toiture (toit plat interdit, tuiles spécifiques, etc.).
- Zones spécifiques : L’implantation des constructions peut être restreinte à certaines zones de votre terrain.
Votre seul réflexe sécurisant est simple : vous rendre au service urbanisme de votre mairie pour consulter le PLU applicable à votre parcelle. C’est la seule démarche qui vous garantit une conformité totale.

Risques et sanctions : L’exemple concret d’une construction illégale
Considérons la situation de Julien. Pensant être astucieux, il installe un premier abri de jardin de 5m² au printemps pour ses outils, puis un second à l’automne, à l’opposé de son jardin, pour les vélos. Il est persuadé d’être dans son droit. Six mois plus tard, suite au signalement d’un voisin ou à un simple contrôle aérien, il reçoit une mise en demeure de la mairie. Le courrier est très clair : il lui rappelle la règle du cumul des surfaces et constate une construction illégale de 10m² réalisée sans autorisation.
Julien est alors contraint de régulariser sa situation. Il doit déposer une déclaration préalable de régularisation, en espérant que son projet soit conforme au PLU. Il doit également s’acquitter de la taxe d’aménagement qu’il pensait éviter. Mais les conséquences peuvent être plus graves. Il s’expose à une amende pénale pouvant aller, selon l’article L480-4 du Code de l’urbanisme, de 1 200 euros à 6 000 euros par mètre carré de surface construite illégalement, des sanctions comparables à celles encourues pour une construction sauvage de cabane. En cas de refus de régularisation ou si le projet n’est pas conforme aux règles locales, le juge peut ordonner la démolition des deux abris à ses frais.
En matière d’urbanisme, l’intention et le résultat final priment sur les étapes intermédiaires. La règle du cumul des surfaces est un principe non négociable. La question de savoir si l’on peut on mettre 2 abris de jardin de 5m2 trouve une réponse claire : oui, à condition de les considérer comme un projet unique de 10m² et de suivre la procédure de déclaration préalable. La seule démarche sécurisante est la transparence avec votre mairie et la consultation du Plan Local d’Urbanisme. Respecter la loi vous garantit la tranquillité et la pérennité de votre installation.
Questions fréquentes
Et si j’installe les deux abris à un an d’intervalle, les surfaces se cumulent-elles ?
Oui, absolument. L’administration considère l’ensemble des constructions sur une même unité foncière. L’espacement temporel est vu comme une tentative de contourner la loi. Le projet reste un projet unique de 10m² aux yeux de l’urbanisme, déclenchant l’obligation de déclaration.
Si j’éloigne les deux abris de 50 mètres, dois-je quand même les déclarer ensemble ?
Oui. La distance entre les deux constructions sur votre terrain n’a aucune incidence sur la règle du cumul des surfaces. Tant qu’ils sont sur la même parcelle cadastrale, ils sont considérés comme faisant partie d’un seul et même projet de construction.
Un abri en bois et un abri en métal de 5m² chacun, est-ce considéré comme un projet unique ?
Oui. Les matériaux, l’usage ou l’aspect des abris ne changent rien à la règle. Le Code de l’urbanisme se concentre uniquement sur la création de surface de plancher et d’emprise au sol. Deux abris de matériaux différents totalisant 10m² nécessitent une déclaration préalable.
Quels sont les risques concrets si je ne déclare pas mes deux abris de 5m² ?
Les risques sont sérieux. Vous vous exposez à une mise en demeure de la mairie vous obligeant à régulariser la situation (si possible) ou à démolir. Vous risquez également une amende pénale importante (jusqu’à 6 000 € par m²) et des difficultés en cas de revente de votre bien, une construction illégale pouvant annuler une vente.


