Le départ des populations d’étourneaux qui ont niché en France se déroule principalement en automne. Si vous vous demandez quand partent les étourneaux, sachez que la période clé se concentre entre mi-octobre et mi-novembre. Ce calendrier migratoire n’est pas le fruit du hasard ; il est dicté par des signaux environnementaux très précis, comme la baisse des températures et la raréfaction de la nourriture, qui poussent ces oiseaux vers des zones plus clémentes pour l’hiver.

Le calendrier précis du départ des étourneaux (Octobre-Novembre)
Pour comprendre le départ des étourneaux, il faut distinguer les populations. Le calendrier suivant concerne spécifiquement les étourneaux qui ont passé le printemps et l’été en France. Il ne faut pas le confondre avec l’arrivée massive, durant la même période, des individus venant du nord de l’Europe pour hiverner chez nous.
- Septembre : Premiers rassemblements. Vers la fin du mois, les premiers signes du départ imminent apparaissent. Les groupes d’oiseaux commencent à se former en fin de journée, créant des rassemblements de plus en plus importants dans le ciel.
- Mi-Octobre à Mi-Novembre : Pic des départs. C’est la fenêtre principale de la migration. La majorité des étourneaux migrateurs « français » quittent le territoire durant cette période. Les conditions météorologiques et la disponibilité de la nourriture sont alors optimales pour entamer leur long voyage vers le sud.
- Fin Novembre : Départ des derniers groupes. Les individus les plus tardifs ou les plus résistants au froid entament leur migration. Début décembre, la plupart des populations migratrices locales ont quitté la France.
Les signaux de la nature : qu’est-ce qui déclenche leur grand voyage ?
Le départ des étourneaux n’est pas une décision arbitraire. Il est déclenché par une combinaison de facteurs environnementaux que les oiseaux interprètent comme le signal qu’il est temps de partir. Les observations, notamment celles relayées par des organismes comme la LPO, identifient trois déclencheurs principaux.
- La baisse des températures : Le seuil critique se situe souvent autour de 5°C. Cette température signale une raréfaction imminente des insectes, une part importante de leur régime alimentaire. Le froid est le premier signal tangible que l’hiver approche.
- La raréfaction de la nourriture : Avec la chute des températures, les insectes disparaissent et de nombreux fruits ne sont plus disponibles. Cette diminution des ressources alimentaires force les oiseaux à chercher des zones plus riches pour survivre, car un oisillon ne peut rester longtemps sans manger.
- La photopériode : Le raccourcissement de la durée du jour agit comme une véritable horloge biologique. Ce signal interne, plus fiable que la météo, stimule les changements hormonaux nécessaires pour préparer les individus au long et éprouvant voyage migratoire.
Le spectacle avant le départ : comprendre les murmurations
Les grands rassemblements crépusculaires, connus sous le nom de « murmurations », sont le signe avant-coureur le plus visible du départ imminent. Ces ballets aériens où des milliers, voire des dizaines de milliers d’oiseaux volent en parfaite synchronisation ne sont pas qu’un spectacle. Ils remplissent une double fonction stratégique pour les étourneaux.
D’une part, former un groupe aussi dense et imprévisible est une stratégie de défense massive contre les prédateurs, comme le faucon pèlerin. La masse mouvante rend difficile pour un prédateur de cibler un seul individu. D’autre part, ces rassemblements sont un centre d’échange d’informations vital pour la survie du groupe, permettant de partager des renseignements sur les meilleures zones de nourrissage ou les dangers potentiels.

Tous les étourneaux partent-ils ? Le cas des populations sédentaires
La réponse est non. Le concept de migration partielle est essentiel pour comprendre pourquoi on observe encore des étourneaux en plein hiver en France. En automne, trois types de populations se côtoient sur le territoire, ce qui crée souvent une confusion.
Premièrement, il y a les migrateurs locaux : ce sont les oiseaux qui ont niché en France et qui partent vers des zones plus chaudes comme l’Espagne ou le Maghreb. Deuxièmement, des groupes d’étourneaux sédentaires, souvent en milieu urbain, ne migrent pas. Ils trouvent en ville suffisamment de chaleur et de nourriture (déchets, ressources des parcs) pour passer l’hiver sans avoir à effectuer de migration, bien que leur présence puisse parfois nécessiter des méthodes naturelles pour éloigner les oiseaux. Enfin, la France accueille des millions d’hivernants, des individus venus du nord et de l’est de l’Europe (Pologne, Russie, Scandinavie) qui considèrent notre climat comme une destination clémente pour l’hiver.
En résumé, la période de départ des étourneaux nichant en France se situe bien entre mi-octobre et mi-novembre. Cependant, leur présence continue durant l’hiver s’explique par la distinction cruciale entre le départ des uns et l’arrivée massive des autres. Observer ces mouvements complexes est un indicateur fascinant du cycle immuable des saisons et de l’adaptation des oiseaux à leur environnement.
Questions fréquentes
Quand les étourneaux reviennent-ils en France ?
Le retour des étourneaux migrateurs vers leurs zones de nidification s’effectue à la fin de l’hiver et au début du printemps. La période de retour s’étale généralement de mi-février à fin mars, les mâles revenant souvent les premiers pour établir leur territoire, une phase critique qui coïncide avec l’interdiction de taille des haies pour les agriculteurs pour protéger la nidification.
Quelle est la destination des étourneaux qui quittent la France ?
Les populations d’étourneaux qui quittent la France pour l’hiver se dirigent principalement vers le sud de l’Europe. Leurs destinations privilégiées sont la péninsule Ibérique (Espagne, Portugal) et les pays du Maghreb (Maroc, Algérie), où le climat reste doux et la nourriture abondante.
Pourquoi voit-on autant d’étourneaux en hiver s’ils sont censés partir ?
C’est la source de la confusion la plus fréquente. Les étourneaux que vous voyez en grand nombre en hiver ne sont majoritairement pas ceux qui ont niché en France. Il s’agit de millions d’individus venus du nord et de l’est de l’Europe qui viennent passer l’hiver chez nous, rejoignant les populations locales sédentaires qui, elles, ne migrent pas.


